Brigitte Bardot, icône du cinéma et figure controversée

Brigitte Bardot (BB), icône du cinéma et figure controversée, s’est éteinte à 91 ans.

brigitte bardot 2025

Paris / Saint-Tropez, 28 décembre 2025 — Brigitte Anne-Marie Bardot, connue dans le monde entier sous l’acronyme B.B., est décédée ce dimanche à l’âge de 91 ans, a annoncé la Fondation Brigitte Bardot dans un communiqué empreint de tristesse. La légende du cinéma français s’est éteinte à son domicile de Saint-Tropez, entourée de proches après une longue vie marquée par la célébrité, des engagements passionnés et des controverses profondes.

ADIEU BB : LA DERNIÈRE MADRAGUE DE BRIGITTE BARDOT

SAINT-TROPEZ – Le mythe s’est éteint. Brigitte Bardot, l’icône absolue qui a révolutionné les mœurs, le cinéma et la cause animale, est décédée ce dimanche 28 décembre 2025 à l’âge de 91 ans. Elle s’est éteinte paisiblement dans sa célèbre propriété de La Madrague, entourée de ses animaux, laissant derrière elle une France orpheline d’une de ses plus grandes légendes.

L’Éclosion d’un Mythe : « Et Dieu… créa la femme »

Née à Paris en 1934, Brigitte Bardot n’était pas destinée à la rébellion. Issue d’une famille de la haute bourgeoisie, elle étudie la danse classique avant d’être repérée par le milieu de la mode. Mais c’est en 1956 que le séisme survient. Sous la direction de son premier mari, Roger Vadim, elle crève l’écran dans Et Dieu… créa la femme.

Pieds nus, chevelure sauvage et sensualité désinvolte, elle devient instantanément le symbole de la libération sexuelle. Pour la première fois, une femme exprime ses désirs à l’écran sans honte. Le monde entier découvre « B.B. », une initiale qui deviendra un nom de code pour la modernité.

Une carrière fulgurante

En seulement deux décennies, elle tourne avec les plus grands :

  • Henri-Georges Clouzot dans La Vérité (1960), son rôle le plus dramatique.
  • Jean-Luc Godard dans Le Mépris (1963), où elle incarne la beauté mélancolique.
  • Louis Malle dans Vie privée ou Viva Maria !.

1973 : Le sacrifice de la gloire pour les « sans-voix »

Alors qu’elle est au sommet de sa beauté et de sa célébrité, Brigitte Bardot prend une décision qui stupéfie le monde : elle arrête le cinéma à seulement 39 ans. « J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes. Je donne maintenant ma sagesse et mon expérience aux animaux », déclare-t-elle.

Elle se retire à Saint-Tropez et fonde en 1986 la Fondation Brigitte Bardot. Ce n’est pas un simple passe-temps de star, mais le combat d’une vie. Elle vend ses bijoux et ses souvenirs aux enchères pour financer son œuvre.

Ses combats emblématiques :

  • Les bébés phoques : En 1977, ses photos sur la banquise canadienne contre le massacre des blanchons font le tour du globe et aboutissent à l’interdiction du commerce de leur fourrure.
  • L’abattage rituel : Elle s’est battue sans relâche pour l’étourdissement préalable des animaux avant l’abattage.
  • La corrida et l’abandon : Elle a fait de la sensibilisation contre l’abandon estival des animaux domestiques une cause nationale.

Une femme de contrastes et de controverses.

Bardot n’était pas une icône lisse. En vieillissant, elle s’est murée dans une solitude choisie à La Madrague, loin du « star-system » qu’elle détestait. Ses prises de position politiques tranchées et ses déclarations sur l’immigration ou l’Islam lui ont valu plusieurs condamnations pour incitation à la haine raciale, ternissant son image auprès d’une partie du public.

Pourtant, elle restait droite dans ses bottes, refusant la langue de bois. Elle incarnait ce paradoxe français : une femme profondément conservatrice dans ses valeurs, mais qui avait été le fer de lance de la révolution des mœurs des années 60.


L’Héritage d’une Éternelle Rebelle, Brigitte Bardot

Avec sa disparition, c’est une page de l’histoire du XXe siècle qui se tourne. De Marianne (dont elle fut le premier modèle officiel en 1969) à la muse de Serge Gainsbourg, Brigitte Bardot a été plus qu’une actrice : elle fut une idée de la France.

Le Président de la République a salué « une immense actrice et une militante libre qui fit battre le cœur du monde ». Selon ses dernières volontés, elle devrait être enterrée dans le jardin de sa propriété de La Madrague, afin de rester à jamais auprès des animaux qu’elle a tant aimés.

« Je suis une révoltée, une insoumise, une passionnée. Je ne sais pas faire les choses à moitié. » — Brigitte Bardot.

Une naissance dans les années 30 et une carrière fulgurante

Née le 28 septembre 1934 à Paris dans une famille catholique traditionnelle, Brigitte Bardot débute comme élève de danse avant d’être repérée comme mannequin à l’adolescence — une étape qui conduit à ses premières apparitions cinématographiques.

Son nom devient mythique après « Et Dieu… créa la femme » (1956), film réalisé par son premier mari, Roger Vadim, qui choque et fascine à la fois. La gestuelle, la sensualité et la liberté de son personnage transforment Bardot en icône mondiale, symbole d’une féminité audacieuse et d’une jeunesse libérée dans l’Europe d’après-guerre.

Dans les deux décennies qui suivent, elle enchaîne les films (près de 47 au total), travaille avec les plus grands metteurs en scène de l’époque et devient l’un des visages les plus reconnus du cinéma international.

Un retrait précoce et une nouvelle vie consacrée aux animaux

Alors qu’elle est encore au sommet de sa carrière, Bardot prend une décision rare à Hollywood ou à Paris : elle annonce sa retraite du cinéma en 1973, à seulement 39 ans, préférant se consacrer à une cause qui la passionne depuis toujours — la défense des animaux.

Elle fonde en 1986 la Fondation Brigitte Bardot pour la protection des animaux, financée en grande partie par la vente de ses biens personnels. Son activisme inclut des campagnes contre la chasse aux phoques, la corrida, le transport d’animaux vivants, ou l’expérimentation animale — souvent relayé et amplifié par sa notoriété planétaire.

Dans les derniers jours de sa vie, la comédienne publiait encore des messages en faveur de l’adoption et de la protection d’animaux abandonnés, preuve de son attachement constant à cette cause.

B.B. & Gainsbourg : La Passion gravée sur Vinyle


Si le cinéma a fait de Bardot une icône visuelle, sa rencontre avec Serge Gainsbourg en 1967 a créé la bande-son d’un mythe. Leur liaison, brève mais incandescente, a donné naissance à des chefs-d’œuvre de la pop culture.

« Initials B.B. » : Une ode symphonique que Gainsbourg écrit pour elle après leur rupture. C’est le portrait d’une femme inaccessible, « vêtue de cuir » et « serrée dans ses bottes ».

« Bonnie and Clyde » : Le duo mythique où Bardot pose sa voix traînante et sensuelle, incarnant la cavale amoureuse avec une modernité absolue.

« Je t’aime… moi non plus » : Peu de gens s’en souviennent, mais la toute première version de ce titre provocateur fut enregistrée par Bardot. À la demande de l’actrice (qui craignait le scandale vis-à-vis de son mari d’alors, Gunter Sachs), la version resta dans les coffres pendant des décennies avant d’être enfin publiée.

Bardot n’était pas une grande voix technique, mais elle possédait un « phrasé » et une musicalité qui ont influencé des générations de chanteuses, de Vanessa Paradis à Lana Del Rey.

Quel avenir pour la Fondation Brigitte Bardot ?


C’est la grande question qui anime aujourd’hui les défenseurs de la cause animale. Brigitte Bardot avait tout prévu pour que son combat lui survive. Elle considérait sa Fondation comme sa « véritable héritière ».

Une structure solide
La Fondation Brigitte Bardot (FBB) est aujourd’hui une institution puissante, reconnue d’utilité publique, comptant plus de 100 000 donateurs et des dizaines de salariés. Elle gère plusieurs refuges en France (notamment en Normandie et dans l’Eure) qui accueillent des milliers d’animaux sauvés de la maltraitance ou de l’abattoir.

Le défi de l’après-Brigitte
La disparition de sa figure de proue pose deux défis majeurs :

Le charisme médiatique : Qui pourra porter la voix des animaux avec autant de force et de fracas ? La Fondation devra apprendre à communiquer sans l’aura magnétique de sa créatrice.

La gestion du patrimoine : La Madrague, sanctuaire de l’actrice à Saint-Tropez, est destinée à devenir un musée ou un lieu de mémoire rattaché à la Fondation, conformément aux souhaits qu’elle avait exprimés.

Le conseil d’administration, composé de proches et d’experts de la protection animale, a assuré que les actions juridiques et les campagnes de terrain se poursuivraient sans interruption. « Le combat continue, c’est le plus bel hommage que nous puissions lui rendre », a déclaré le porte-parole de la FBB.